Paris Noir est un recueil de douze nouvelles sombres sur la capitale française publié début juin 2010. Il est présenté par Aurélien Masson aux Asphalte éditions. Chaque nouvelle est écrite par un auteur différent sur un lieu de Paris (Oberkampf, Belleville, etc.). On notera la présence de Didier Daeninckx (Galadio) ou encore de DOA (Citoyen Clandestin).

Aurélien Masson est éditeur chez Gallimard, et dirige la collection « Série Noire ». Il a contribué, notamment, au renouveau de polar français avec des auteurs comme DOA (que l’on retrouve dans le recueil) ou Antoine Chainas (Versus).

L’ombre de la Ville Lumière est présente à chaque page. Paris Noir a pour but de nous présenter une autre face de la capitale. Celle que les touristes ne voient pas. Celle qui se cache. Celle qui vous fait trembler à l’idée qu’elle puisse être vraie. La prostitué prise dans un engrenage avec un flic pourri jusqu’à la moelle. Le Grand Frère des quartiers défavorisés qui vient faire sa justice dans les beaux quartiers. Tout ceci n’est que fiction… A moins que… Le doute s’installe, et c’est une autre ville qui nous apparaît.

Les nouvelles offrent quelque chose de différent. Les romans noirs sur Paris sont plutôt nombreux. Le fait d’avoir des nouvelles de différents auteurs change la donne, et ce sur plusieurs aspects. Tout d’abord, la nouvelle apporte ce que le roman ne peut : elle se lit d’un trait. Dans le métro, le bus ou autre, tout petit moment peut être propice à lire une nouvelle. La nouvelle a aussi l’enjeu de présenter rapidement les choses sur une courte distance. Aucun détail ne peut être laissé au hasard. L’attention doit être au maximum. Cela favorise amplement la décente dans l’univers de la nouvelle. Enfin, avoir plusieurs auteurs dans le recueil permet d’avoir divers points de vue, divers proses. Chaque auteur a son style d’écriture. Il convient qu’on n’aime pas tel auteur, parce qu’on n’aime pas son style. Dans Paris Noir, on a l’embarras du choix. Douze auteurs, douze écritures différentes. Même si toutes les nouvelles présentent ont un fort impact sur le lecteur, il peut arriver qu’on saute une ou deux nouvelles pour y revenir plus tard. Il n’y a pas véritablement d’ordre de lecture, malgré un placement des nouvelles. Commencer par la fin du recueil est possible. Chacun choisit.

La vision d’un autre univers, c’est sans doute là où réussi le recueil. Présenter Paris par la noirceur est un pari gagné pour Aurélien Masson. Paris Noir nous donne un aperçu sombre presque réaliste des bas-fonds de la capitale. Même si chaque lecteur se forge sa propre vision, celle-ci sera forcément ténébreuse. On ne peut être indifférent à ce recueil. Il nous glace. On ne peut l’apprécier. On l’aime pour nous donner une autre vision de Paris, ville lumière plongée dans les ténèbres le temps de douze nouvelles.

Site : Asphalte Editions