Retour à Brooklyn est le titre français du très connu Requiem for a dream publié en 1978. Ce livre a conduit Hubert Selby Jr. à la renommé. Requiem for a Dream a été adapté au cinéma par Darren Aronofsky en 2000. Le scénario est d’ailleurs écrit par Huert Selby Jr. Lui-même.

Retour à Brooklyn prend pour objet des personnages issus de la classe populaire américaine. Ceux-ci sombrent de peu à peu dans l’enfer de la drogue.

La longue et infernale descente des personnages dans l’enfer de la dépendance est le fil conducteur de ce roman. Il serait réducteur de dire que Retour à Brooklyn présente des personnages sombrant dans la drogue. Non pas que cela n’est pas vrai. Mais ceci est plutôt la trame de fond. Les personnages sont tout autant dépends aux psychotropes qu’à la popularité. Il en vient même à se demander si la quête de la popularité n’est pas aussi une forme de drogue. C’est tout l’intérêt du roman. Les récits (fictifs ou non) sur la drogues sont légions. Retour à Brooklyn se démarque alors par ce point. Mais ce n’est pas le seul.

Ce qui fait la puissance de Retour à Brooklyn, c’est son écriture étrange. A commencer par le fait qu’il n’y a ni guillemets, ni tirets, ni retour à la ligne pour préciser qui parle. Par souci de détails, et pour appuyer la présentation, je vais citer le début du roman dans sa traduction française : “Harry enferma sa mère dans le réduit. Harold. Je t’en prie. Non, pas encore cette télé. Okay, okay, Harry ouvrit la porte, bon, alors arrête d’me casser les méninges.”

Dans la citation ci-dessus, on note deux personnages qui dialoguent en plus du narrateur. Seulement qu’aucune typographie de dialogue n’est là pour le signaler. Tout le roman est écrit de cette façon. Si bien, il peut arriver que trois personnages parlent dans une même phrase. En analysant un peu, on comprend que le but est de présenter des événements qui se passent en même temps. Cette façon d’écrire permet l’illusion d’une synchronisation dans les évènements présenter dans une même phrase.

S’ajoute à ceci un mélange des niveaux de langages. Une utilisation de l’argot américain (très visible en version originale) donne une vision encore plus précise des personnages. La parole est un trait du personnage qui prend un place conséquente dans Retour à Brooklyn.

L’adaptation du roman peut servir de support pour la lecture. Avoir l’image en tête de la situation décrite peut parfois aider à comprendre où veut en venir le narrateur.

Mais, une adaptation doit savoir se détacher du roman tout en s’appuyant dessus. Et la traduction en image de l’écriture donne des plans scindés en deux. Les évènements se passent en même temps, pourquoi ne pourrait-on pas les voir à l’image ensemble ? Le film est donc une adaptation magistrale et devenu culte.

Retour à Brooklyn est un livre qui change son lecteur. Il l’attrape par le col est lui crache à la figure ce qui se cache au fond de lui : sa dépendance. On est tous dépendant à quelque chose. Et vous ?