Dans le magazine Le Monde de ce samedi 15 janvier, un reportage fait le road movie du film « Sur la route », adaptation du célèbre roman éponyme de Jack Kerouac et pilier de la littérature nord américaine. La sortie serait prévue pour courant 2011. Le film sera-t-il d’aussi bonne qualité que l’œuvre d’un des plus grand auteur du siècle dernier ? Le Monde laisse pensé qu’il le sera, mais qu’en plus il explorera d’autres partie que le livre ne peut pas faire.

Sur la route de Jack Kerouac

On s’attend donc à un film de qualité. Et les acteurs du casting sont représentatifs de ce que veut nous montrer Walter Salles, le réalisateur. Sam Riley qu’on a pu découvrir dans Control, film biographique sur Ian Curtiss, incarne Sal Paradise, le double de Jack Kerouac dans son roman. Kristen Stewart joue le rôle de Marylou (LuAnne Henderson), la compagne de Dean Moriarty (Neal Cassidy). Ce dernier est porté par Garrett Hedlund, qu’on retrouve dans Tron – Legacy en ce début d’année. Les trois protagonistes renderont visite à Old Bull Lee (William Burroughs) et sa femme. On ne pouvait rêver mieux que Viggo Mortensen pour jouer le personnage emblématique de la littérature américaine de la seconde moitié du XXe siècle.

On peut beaucoup attendre de ce film. les roman de la Beat Generation ont été peu adaptés, et pour cause, ils sont difficile à mettre en image. On se souvient du magnifique The Naked Lunch de David Cronenberg, tiré du roman du même nom de William Burroughs, en 1991. Vingt ans plus tard, c’est au tour de Kerouac. Sur la route risque d’entrer dans les annales. Walter Salles a tenté de s’approcher au plus près du roman, mais aussi de la vie de Jack Kerouac et de son voyage original avec ses deux compagnons. C’est donc plus qu’une simple adaptation. D’ailleurs, le réalisateur affirme qu’il a laissé ses acteurs improviser. Si bien que, d’après Le Monde, la scène où Old Bull Lee et Sal Paradise joue à lancer des couteaux sur une cible dans le jardin, ces derniers sont remplacés par des armes à feu. On sent bien entendu que l’ombre du meurtre accidentel de Joan par Burroughs, à la suite de la tentative de la reproduction de l’exploit de Guillame Tell, planera lors de cette scène. C’est ceci qu’on a envie de voir. Et non une reproduction à l’identique. L’œuvre cinématographique doit s’appuyer sur l’œuvre littéraire et non la reproduire.

C’est avec grande joie que j’accueille ce film. Sur la route est un hymne au voyage dans une fuite de la société. Peut-être que ce qu’a réalisé Walter Salles trouvera un écho dans ce XXIe siècle.

Source :

SOTINEL, Thomas. « Sur la route » en tournage, le road movie ».Le Monde Magazine, 15/01/2011, n°20522, pp. 24-29